Joseph Gautier, 23 ans, soldat mobilisé comme mécanicien puis mitrailleur dans la 18è escadrille de la première armée, après trois ans de service militaire ininterrompu, a écrit 200 lettres à ses parents à Argenton sur Creuse tout au long de la guerre.

200 lettres sur le quotidien, les batailles, les massacres, l’espoir, la foi et le patriotisme, mais aussi l’ennui, l’attente, le regret mêlé de soulagement de ne pas être en première ligne ;
Des lettres que ses parents, aimants et inquiets ont lues et relues avec émotion, que ses enfants, petits enfants et arrière petits enfants, ont déchiffrées avec effort, tellement son écriture, élancée et sans rature, est dense et difficile à lire au travers des marges ou des lignes surchargées.

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Ces lettres, mais aussi ses propres poésies, des photos, des revues de propagande, des objets ramenés de la guerre et conservés au grenier depuis cent ans, composent le site.
Dans le même temps, l’arrière grand père maternel, Joseph Perrot, 42 ans, était mobilisé comme caporal en Picardie, et écrivait de nombreuses cartes postales à sa femme et ses deux enfants vivant à Ougney dans le Jura.

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Comme maints petits enfants ici et outre-rhin, j’ai éprouvé le désir de faire connaître cette correspondance de guerre de grand père, jeune soldat, au témoignage si intense et si tragique, au destin si lourd. Voici le site « mécanicien d’escadrille », illustré de ses lettres, de ses poésies, également dédiées à ses parents, de photos ou de cartes postales et de revues de propagande retrouvées au grenier et soigneusement conservées depuis cent ans. Le ton était si caricatural que j’ai recherché et contacté des « Enkelkinder » Outre-Rhin, qui dans la même émotion, ont édité la correspondance de leur « Grossvater ». Parmi eux, un officier dans les tranchées du Nord, tué à Cambrai en 1917. Des lettres qui, malgré leur tonalité différente, semblent se répondre…
Ce site est le miroir de la vitrine du magasin de cycles et automobiles de ses parents qui sera décoré et animé pendant toute la durée du Centenaire, à l’adresse exacte où ces lettres étaient destinées.
Les passants et les habitants d’Argenton peuvent découvrir la vitrine et parcourir les lettres, les illustrations et les événements tout au long de la commémoration du centenaire.


Les lettres sont saisies par ma soeur et moi même, ses deux petites filles parmi dix petits enfants ; le site est conçu et la vitrine décorée par deux arrière petits fils, parmi 18 arrière petits enfants, et les conseils et témoignages délivrés avec tact par son fils, qui a partagé avec Joseph, sa mère Andrée et ses 3 frères et soeurs une vie familiale pleine de joie de vivre et de liberté au bord de la Creuse jusqu’en août 1939…